Patrimoine Architectural

Les Mystérieuses Gravures Rupestres

Sur la route de Figuig se dressent tout près de Zenaga, des rochers sur lesquels des gravures rupestres ont attirés l'attention de plusieurs géographes, géologues et archéologues, notamment MM.Gautier, Flamand et Pallary. En effet,certains ouvrages réalisés par des géologues relatent déjà de ces gravures dans le début des années 1900 (cf ouvrage sur les Confins du Maroc, de Oujda à Figuig, de Louis Rousselet). A cette époque, ces montagnes mystérieuses étaient appelées "Hadjara Mektouba" ce qui signifie en arabe les "Pierres écrites". Ces gravures remontraient à une antiquité extrêmement reculée voire à des temps préhistoriques (3000 ans avant JC). Elles se distinguent non seulement par la beauté de leur exécution mais également par la nature des animaux qui y sont représentés et qui ont, depuis de nombreaux siècles, disparu de cette région d'Afrique : les éléphants, les antilopes, les budales, les girafes...
Ces pierres, sur lesquelles les premiers Africains auraient gravés ces mystérieuses figures, ont conservé un caractère sacré qui a amené des populations plus récente, à ajouter aux anciennes inscriptions, de nouvelles gravures comme un hommage de piété. C'est pourquoi, on aperçoit au milieu de ces gravures, une série d'inscriptions dites "lybico-berbères" qu'on attribue aux Lybiens et aux fameux Numides contemporains (berbères nomades). Ces gravures plus récentes, découvertes par l'explorateur saharien G.B.M Flamand lors de ses études de 1892 à 1921, font apparaître des dessins d'animaux vivants dans la région : mouflon, panthère, chacal, outarde, autruche ... Des symboles et des lettres acompagnent également ces dessins : des croix de type "souastika"(symbole de l'horoscope berbère), losanges, cercles, des lettres lybiques et berbères.
Mais la plus intéressante de ces gravures est celle du Bélier ou du Bouc coiffé d'un Sphéroîde (sorte de figure géométrique) muni d'appendice appelé également dans anciens écrits : "le Bélier de Zenaga" ou le "Mouton de Figuig". Un dessin similaire avait fait l'objet d'une longue discussion au Congrés International d'Antropologie en 1900. Ce dessin semblerait avoir un lien avec l'épopée égyptienne. Les chercheurs ont reconnus dans le "sphéroide" un disque solaire revêtu de chaque côté d'un serpent "uraeus" et qui serait une représentation du grand dieu de Thébes en Egypte : le dieu Ammon.
On peut donc se demander si ces gravures sont d'inspiration Egyptienne ou si, au contraire, c'est le Dieux Ammon qui serait d'origne Libyenne.

Ouvrages
Sur les Confins du Maroc, Louis Rousselet (1912)
Les gravures rupestres du Sud-oranais, Henri Lhote (1970)
Les Pierres Ecrites,Flamand (G.B.M.)(1921)